En bref
- Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) est proposé au salarié licencié pour motif économique dans une entreprise de moins de 1 000 salariés (ou en redressement ou liquidation) : 21 jours pour répondre, 12 mois d’accompagnement.
- Avantages : l’allocation de sécurisation professionnelle (ASP), 75 % du salaire journalier de référence dès le premier jour et sans dégressivité, un conseiller référent, des aides en cas de reprise d’emploi.
- Inconvénients : pas de préavis, des obligations strictes, une allocation suspendue en cas d’activité, 12 mois et pas plus.
- Pour une reconversion, le CSP est un cadre utile si le projet se dessine tôt : la première formation commence en moyenne au 5e ou au 6e mois.
Votre employeur vous a remis le document du contrat de sécurisation professionnelle dans le cadre d’un licenciement économique : vous avez 21 jours pour l’accepter ou le refuser, souvent au moment où l’on a le moins la tête à comparer des chiffres. Voici les avantages et les inconvénients du CSP, les cas où le refuser, et ce que vous pouvez faire de ces 12 mois si vous envisagez de changer de métier.
Annonce toute récente ? Voyez d’abord que faire après un licenciement économique.
Qu’est-ce que le contrat de sécurisation professionnelle ?
Le CSP est un accompagnement renforcé : il permet de bénéficier pendant 12 mois d’une allocation spécifique et d’un suivi personnalisé par France Travail ou un opérateur privé, pour construire un projet de reclassement professionnel : retour à l’emploi, reconversion, création d’activité. Il ne concerne ni la rupture conventionnelle ni le licenciement pour motif personnel. Pour peser les deux voies, voyez licenciement économique ou rupture conventionnelle.
Qui peut bénéficier du CSP ?
Les conditions d’éligibilité au CSP, selon l’Unédic et service-public.gouv.fr :
- être salarié en CDI, visé par un licenciement économique, dans une entreprise de moins de 1 000 salariés ou dans l’une des entreprises en redressement judiciaire ou en liquidation, quelle que soit leur taille ;
- avoir travaillé 88 jours ou 610 heures sur les 24 derniers mois (36 pour les plus âgés, à vérifier auprès de France Travail) ;
- ne pas avoir l’âge d’une retraite à taux plein, être apte à un emploi, et résider sur un territoire couvert par la convention.
Le délai de réflexion de 21 jours : qui paie, comment répondre ?
Le document vous est remis contre récépissé, souvent à l’entretien préalable. Le délai de réflexion part du lendemain et ne peut pas être raccourci ; le contrat de travail continue pendant cette durée : c’est l’employeur qui vous paie.
Pour en bénéficier, vous rendez le bulletin d’acceptation signé avant la fin du délai : le contrat est rompu d’un commun accord au terme des 21 jours, et le CSP démarre le lendemain. Sans réponse, c’est un refus du CSP.
À noter : le CSP est prolongé jusqu’au 31 décembre 2026 (Unédic). Pour une procédure engagée en 2027, vérifiez sa reconduction auprès de France Travail.
Appel découverte
Douze mois devant vous : pour quoi faire ?
Parlons-en 30 minutes : où vous en êtes, ce que vous voulez garder de votre métier, ce que vous voulez changer. Gratuit, sans engagement.
Quels sont les avantages du CSP ?
Une allocation plus élevée et une indemnisation immédiate
Avec un an d’ancienneté dans l’entreprise ou plus, l’ASP vaut 75 % du salaire journalier de référence, « ce qui correspond au salaire net », précise l’Unédic, et jamais moins que l’allocation chômage (ARE). Exemple fictif : pour un salaire journalier de 100 €, vous allez percevoir 75 € par jour. Avec moins d’un an d’ancienneté, le montant est celui de l’ARE.
C’est aussi une indemnisation immédiate, sans délai de carence : l’ASP est due dès le lendemain de la rupture du contrat. Et la dégressivité des allocations, qui peut réduire l’ARE des plus hauts revenus, ne s’applique pas (France Travail).
Un conseiller dédié pendant toute la durée du CSP
Le bénéficiaire du CSP garde le même conseiller pendant toute la durée du CSP, avec le statut de stagiaire de la formation professionnelle. Ensemble, vous fixez le projet et les actions : formation, immersions en entreprise, entretiens.
Des aides en cas de reprise d’emploi
Deux aides, non cumulables pour un même emploi (Unédic) :
- l’indemnité différentielle de reclassement (IDR), si le nouvel emploi paie moins : chaque mois, 30 fois le salaire journalier de référence moins le nouveau salaire brut, 12 mois au plus ;
- la prime de reclassement, pour un emploi d’au moins 6 mois commencé avant la fin du 10e mois, après un an d’ancienneté : la moitié des droits restants, en deux fois. Un adhérent sur trois peut en bénéficier.
Vos indemnités et la protection sociale pendant le CSP
Accepter ne fait perdre ni l’indemnité de licenciement ni l’indemnité compensatrice de congés payés. La protection sociale pendant le CSP est maintenue sans cotisation. Pour la retraite, les périodes indemnisées comptent. Enfin, l’adhésion vous laisse le droit de contester le licenciement dans les 12 mois (article L. 1233-67) : un avocat ou un défenseur syndical pourra vous dire si c’est utile.
CSP ou chômage classique, pour un salarié qui a un an d’ancienneté ou plus :
| CSP (ASP) | Chômage classique (ARE) | |
|---|---|---|
| Montant | 75% du salaire journalier de référence, jamais moins que l’ARE | Calcul de droit commun |
| Premier versement | Dès le lendemain de la rupture | Après le délai d’attente et les éventuels différés |
| Dégressivité | Aucune | Possible pour les plus hauts revenus |
| Préavis | Aucun : versé à France Travail (3 mois au plus) | Effectué ou payé |
| Reprise d’emploi | IDR ou prime de reclassement | Ni IDR ni prime |
Quels sont les inconvénients du CSP ?
Pas d’indemnité de préavis
Avec un an d’ancienneté ou plus, l’indemnité compensatrice de préavis est versée par l’employeur à France Travail, dans la limite de 3 mois de salaire ; le surplus vous revient. Avec moins d’un an, vous percevez tout votre préavis.
Les obligations de l’adhésion au CSP
Pré-bilan, plan de sécurisation professionnelle (PSP) à suivre, offres conformes à accepter, recherche active d’un emploi, convocations, actualisation mensuelle (France Travail). Refuser sans motif légitime une action de formation, ou deux fois une offre raisonnable d’emploi, entraîne l’exclusion du CSP, puis le passage à l’allocation chômage si vous en remplissez les conditions.
Travailler pendant le CSP suspend l’allocation
Une activité est possible, avec l’accord de votre conseiller, en CDD ou en contrat de travail temporaire de 3 jours à 6 mois au total. L’ASP est alors suspendue, sans cumul avec le salaire ; à partir du 7e mois, ces périodes d’activité prolongent le CSP de 3 mois au plus. Un emploi en CDI, un contrat de 6 mois ou plus ou une création d’entreprise y mettent fin.
Douze mois, et pas plus
Seuls la maladie (4 mois au plus), la maternité et certains congés allongent la durée du CSP. Ensuite, l’allocation chômage prend le relais sans délai pour la durée de droits qui reste : 18 mois moins 12 mois d’ASP laissent 6 mois (France Travail).
Pourquoi refuser le CSP ? Quatre situations
Le CSP est avantageux pour beaucoup de salariés licenciés pour motif économique, pas pour tous.
Un emploi vous attend déjà
Ce n’est pas forcément une raison de refuser. En refusant, le licenciement suit son cours : vous effectuez votre préavis ou il vous est payé. En acceptant, vous êtes libre au bout du délai de réflexion et perdez l’indemnité de préavis (après un an d’ancienneté), mais une activité en CDI ou en contrat d’au moins 6 mois, commencée avant la fin du 10e mois, permet de bénéficier de la prime de reclassement : la moitié de vos droits à l’ASP restants.
Exemple fictif : avec 75 € d’ASP par jour et un emploi pris dès le 2e mois, la prime dépasse 12 000 €, quand deux mois de préavis à 3 000 € brut en valent 6 000. Faites le calcul selon la durée de votre préavis, avec France Travail, avant de signer.
Vous voulez créer votre entreprise tout de suite
Préparer une création ou une reprise d’entreprise pendant le CSP est possible : France Travail la cite parmi les projets de reclassement. C’est la création de l’activité qui met fin au CSP. D’après l’Unédic, 4 % des adhérents créent une entreprise dans l’année, contre 18 % des autres licenciés économiques ou après une rupture conventionnelle.
Une création d’entreprise induit une sortie du dispositif et le passage au droit commun ; les licenciés économiques qui ont un projet de création d’entreprise ne s’engagent probablement pas dans le dispositif.
Elise Drony et Florine Martin, Unédic, 21 avril 2026
Vous avez moins d’un an d’ancienneté
Dans ce cas, l’ASP égale l’ARE, l’indemnité de préavis est payée et la prime de reclassement n’est pas ouverte : l’écart est faible, l’intérêt est de bénéficier de l’accompagnement.
Votre reconversion demande une longue formation
Une formation d’une durée de plus d’un an dépasse les 12 mois du dispositif : la suite se fait avec l’ARE restante, ce qui change le montant de votre indemnisation en cours de route.
À l’inverse, le CSP est le plus intéressant pour le salarié qui a un an d’ancienneté ou plus, qu’il ait besoin de temps pour choisir la suite ou qu’il retrouve vite un emploi durable.
Préparer une reconversion avec le CSP
Le calendrier des 12 mois
Le CSP suit un rythme fixé (France Travail) : entretien de pré-bilan dans les 8 jours, plan de sécurisation 4 à 8 semaines après, point d’étape au 4e mois, bilan dans les 2 derniers mois. Selon les indicateurs de l’Unédic, la première formation commence en moyenne 5 à 6 mois après l’inscription et dure 4 mois en moyenne.

Le projet se joue donc dans les premières semaines : le plan de sécurisation, écrit dans le mois qui suit le pré-bilan, fixe votre projet et les actions. Y arriver avec une piste, c’est obtenir des actions qui servent votre reconversion.
Changer de métier : ce que votre conseiller attend
Changer de métier est possible « dès lors que votre projet est sécurisé et validé », écrit France Travail. Vous examinez avec votre conseiller les conditions d’exercice, les compétences à acquérir et votre organisation personnelle.
Le CSP prévoit aussi des immersions en entreprise pour tester un métier, à compléter par une enquête métier. Voir aussi notre guide de la reconversion professionnelle et la reconversion à 50 ans.
La formation n’est pas obligatoire : elle dépend du projet, mène à des métiers qui recrutent, et se finance par des aides réservées aux adhérents, voire par votre CPF. 26 % des entrants en CSP en suivent une. Ne vous engagez sur aucune formation sans avoir vérifié son financement.
Utiliser les 21 jours pour arriver avec une piste
Le délai de réflexion ne sert pas qu’aux démarches administratives. À l’entretien d’information, demandez le montant de votre ASP, la durée de vos droits, l’organisme du suivi et le financement possible de la formation envisagée. Notez aussi ce que vous voulez garder de votre métier.
Si rien ne se dessine, le pré-bilan peut conduire « si nécessaire » à un bilan de compétences après un licenciement. Un bilan financé par votre compte personnel de formation reste possible : parlez-en à votre conseiller. Le bilan de compétences YUMAN se fait à distance, en environ 3 mois, à un rythme adapté.
CSP ou congé de reclassement ?
Pour un licenciement économique à partir de 1 000 salariés, l’employeur propose le congé de reclassement, sauf en redressement ou liquidation judiciaire, où le CSP s’applique quelle que soit la taille. Les deux sont comparés dans notre guide du licenciement économique.
Questions fréquentes
Où se procurer le document du CSP ?
L’employeur vous le remet contre récépissé, avec le bulletin d’acceptation. S’il ne le propose pas, France Travail le fait.
Peut-on revenir sur sa décision pendant les 21 jours ?
Oui, jusqu’à la fin du délai de réflexion.
Peut-on adhérer au CSP pendant un arrêt maladie ou un congé maternité ?
Oui. L’adhésion a lieu le lendemain de la rupture, et l’ASP est versée à la fin de l’arrêt ou du congé.
Que se passe-t-il en cas de refus du CSP ?
La procédure de licenciement pour motif économique continue : vous effectuez ou percevez votre préavis, puis vous demandez l’allocation chômage si vous remplissez les conditions.
Sources
Service-public.gouv.fr, CSP (vérifié le 6 août 2026). France Travail, CSP, les réponses à vos questions et accompagnement dans le CSP.
Unédic, fiche CSP (5 octobre 2026), étude du 21 avril 2026, indicateurs de décembre 2025, prolongation 2026.
Légifrance, code du travail, articles L. 1233-65 à L. 1233-70 ; convention du 26 janvier 2015 et avenant n° 11. Consultés le 1er novembre 2026.





