Rebondir · Après un licenciement économique
Licenciement économique : que faire après, comment rebondir
Après un licenciement économique, deux questions se posent : « quelles démarches entreprendre ? » et « que faire après ? ». Ce guide les prend dans l’ordre : vos démarches et vos délais, les options disponibles selon votre situation, puis comment encaisser le choc et bien rebondir.
Par Arnaud Baraër, coach carrière et consultant en bilan de compétences · Mis à jour le
Le licenciement économique en 2026
Emplois menacés par les défaillances au 1er trimestre 2026 : un record (73 000 en 2009)
75 350
Adhésions au contrat de sécurisation professionnelle en 2025
près de 100 000
Délai de réflexion pour accepter le contrat de sécurisation professionnelle
21 jours
Bénéficiaires du CSP en emploi durable 2 ans après
7 sur 10
Sources : Altares, Unédic (avril 2026), service-public.gouv.fr.
L’essentiel
Ce qu’il faut retenir en premier
- Licencié pour motif économique dans une entreprise de moins de 1 000 salariés, ou dans une entreprise de toute taille en redressement ou liquidation judiciaire : l’employeur doit vous proposer le contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Vous avez 21 jours pour répondre.
- À partir de 1 000 salariés, hors redressement ou liquidation, c’est le congé de reclassement. Dans les deux cas : un accompagnement et une allocation pendant plusieurs mois.
- Ce qui se négocie dépend de la situation : presque rien en liquidation, surtout collectivement dans un plan de sauvegarde de l’emploi.
- Bien rebondir, c’est choisir sa suite : tout de suite ou en prenant le temps, selon ce que vous savez déjà de l’emploi que vous voulez.
Les démarches
Que faire après un licenciement économique : les premières démarches
Le licenciement économique tient à la situation de l’entreprise, pas à votre personne. Trois moments comptent. Si la question de la suite se pose déjà, voyez notre page bilan de compétences après un licenciement.
Combien de temps pour agir ? Le délai de réflexion CSP
À l’entretien préalable, on vous remet la notice du contrat de sécurisation professionnelle (CSP), 12 mois d’accompagnement et d’allocation, détaillés plus bas. Vous avez 21 jours, un délai qui ne peut pas être réduit, et pouvez bénéficier d’un entretien d’information à France Travail. Sans réponse, c’est un refus. Accepter ouvre droit à l’ASP, l’allocation de sécurisation professionnelle (le revenu que France Travail vous verse pendant le CSP, à la place de l’allocation chômage), et engage un projet de reclassement : ayez une première idée de ce que vous en ferez.
À la fin du contrat : documents et inscription
Récupérez le certificat de travail, l’attestation France Travail et le solde de tout compte, qui inclut vos congés payés non pris. Inscription France Travail : dès la fin du contrat pour bénéficier de l’allocation chômage (ARE) ; en CSP, l’accompagnement renforcé commence dès le lendemain de la rupture du contrat de travail.
Dans l’année : la priorité de réembauche
Pendant 1 an, votre ancien employeur doit vous proposer les emplois compatibles avec votre qualification, si vous en faites la demande (par écrit, c’est plus sûr). Elle continue de s’appliquer en CSP ou en congé de reclassement.

Cliquez sur le schéma pour l’ouvrir en grand.
Contacts utiles
- France Travail (39 49) : CSP, droit au chômage, montant de l’allocation.
- Unédic : règles d’indemnisation après un licenciement économique.
- Code du travail numérique : simulateurs du montant des indemnités et du préavis.
- Conseil en évolution professionnelle (gratuit) : mon-cep.org.
Avant de choisir la suite, parlons-en
30 minutes, gratuitement et sans engagement : où vous en êtes, et si un bilan est le bon outil, ou pas.
Vos droits
CSP, congé de reclassement, ARE : quels droits après un licenciement économique ?
Trois chemins, selon la taille de l’entreprise et votre choix. Le contrat de sécurisation professionnelle est prolongé jusqu’au 31 décembre 2026 : pour une procédure engagée en 2027, vérifiez les règles en vigueur auprès de France Travail.
| CSP | Congé de reclassement | ARE seule | |
|---|---|---|---|
| Montant de l’allocation | Allocation de sécurisation professionnelle (ASP) : 75 % du salaire journalier de référence après 1 an d’ancienneté dans l’entreprise, dès le lendemain de la rupture ; avant 1 an, le montant de l’allocation chômage (ARE) | Salaire pendant le préavis, puis une allocation mensuelle d’au moins 65 % du brut (1 586,96 € au minimum) | Allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) : de 57 à 75 % du salaire journalier de référence |
| Conditions pour en bénéficier | Licenciement économique dans une entreprise de moins de 1 000 salariés, ou de toute taille en redressement ou liquidation ; CDI ; 88 jours ou 610 heures de travail sur les 24 derniers mois, la durée d’affiliation minimale (36 derniers mois à 55 ans et plus) | Entreprise de 1 000 salariés ou plus, sans condition d’âge ni d’ancienneté | Refus du CSP, ou conditions du CSP non remplies |
| Durée | 12 mois de CSP, prolongeables dans certains cas | 4 à 12 mois, jusqu’à 24 en reconversion | Selon la durée de vos droits à l’allocation chômage |
| Formation | Possible, avec le statut de stagiaire de la formation professionnelle, sans perdre l’ASP | Actions de formation pour le reclassement | Selon votre projet, avec votre conseiller |
| Préavis | Pas de préavis : avec 1 an d’ancienneté, l’indemnité compensatrice de préavis est versée à France Travail (3 mois au plus) | Dispense : le congé commence pendant le préavis et continue au-delà si besoin | Effectué ou payé |
Sources : CSP et congé de reclassement (service-public.gouv.fr), Unédic. Le simulateur de France Travail compare le montant de votre indemnisation chômage avec et sans CSP.
Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) : conditions et accompagnement
Autres conditions pour en bénéficier : ne pas avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite à taux plein, être apte à un emploi, résider sur le territoire couvert par l’assurance chômage. L’accompagnement renforcé se fait avec le même conseiller référent : pré-bilan dès l’entrée, dans les 8 jours, plan de sécurisation professionnelle 4 à 8 semaines après, point au 4e mois, bilan dans les 2 derniers mois. L’allocation de sécurisation professionnelle (ASP) n’est pas dégressive, et son montant ne dépend que du contrat perdu ; en cas de reprise d’emploi, une prime au reclassement ou une indemnité différentielle de reclassement peut s’ajouter, sous conditions.
Le congé de reclassement et la cellule de reclassement
Une cellule d’accompagnement mène un entretien d’évaluation et d’orientation pour définir votre projet de reclassement professionnel, puis vous suit pendant le congé. Sous 1 000 salariés, l’employeur peut aussi le proposer dans un plan de sauvegarde de l’emploi.
Vos indemnités
Indemnité de licenciement selon votre ancienneté, indemnité compensatrice de congés payés, préavis selon le chemin choisi : le détail sur service-public.gouv.fr.
La liquidation
Liquidation judiciaire : ce qui change pour vous
C’est le liquidateur qui licencie, par une lettre envoyée dans les 15 jours qui suivent le jugement (21 jours avec un PSE). Le contrat de sécurisation professionnelle vous est proposé quelle que soit la taille de l’entreprise : vous pouvez en bénéficier même au-delà de 1 000 salariés, où le congé de reclassement, lui, n’est pas proposé (service-public.gouv.fr).
En cas de liquidation, salaires impayés et indemnités sont garantis par l’AGS, le régime de garantie des salaires, dans la limite de plafonds. Vous ne vous adressez pas vous-même à l’AGS : le mandataire judiciaire établit le relevé de vos créances, puis vous reverse les sommes (le fonctionnement).
La négociation
Ce qui se négocie, et ce qui ne se négocie pas
« Négocier son licenciement » ? Ce qui se négocie se joue en général avant la notification du licenciement, et la marge dépend du cadre de votre départ :
| Situation | Ce qui est fixé | Où se trouve la marge |
|---|---|---|
| Liquidation judiciaire | Calendrier et montants fixés par la procédure (voir plus haut) | Pas de marge prévue : la procédure fixe tout |
| Licenciement économique sans PSE | Indemnité légale, ou conventionnelle si elle est plus favorable | Rien de prévu par la loi au-delà |
| Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) | Mesures de reclassement du plan | Indemnité dite supralégale, négociée entre les représentants du personnel et l’employeur |
| Rupture conventionnelle collective | Accord collectif, indemnité au moins égale à l’indemnité légale | Le départ est volontaire : vous choisissez de vous porter candidat, ou non |
En cas de doute sur vos droits : les représentants du personnel, un syndicat ou un avocat. Ce guide ne remplace pas leur conseil. Si l’on vous propose une rupture conventionnelle, comparez d’abord : licenciement économique ou rupture conventionnelle.
Le choc
Encaisser le choc avant de rebondir
Stress et moral en baisse, sentiment d’injustice, estime de soi entamée : un licenciement économique se vit souvent comme un échec personnel. Ce n’est pas votre valeur qui est en cause, c’est la situation de l’entreprise. Ne restez pas seul, et donnez-vous les moyens de reprendre confiance en soi.
« L’“après” licenciement peut s’apparenter à une phase de turbulences émotionnelles pour bon nombre d’entre nous et ces émotions sont naturelles. »
France Travail, « Perte d’emploi : nos 5 conseils pour vous aider à rebondir », 29 mai 2024
Rebondir
Comment rebondir après un licenciement économique
Bien rebondir, ce n’est ni repartir vite à tout prix, ni attendre : c’est choisir une suite qui tient. Si vous savez déjà quel emploi vous voulez, allez-y. Sinon, le CSP et le congé de reclassement donnent du temps pour y réfléchir, avec l’ASP ou une allocation mensuelle. Votre vie professionnelle continue : voici comment en choisir la suite, en quatre étapes.
1. Faire le point
Ce que vous savez faire et qui se transporte ailleurs : vos compétences transférables. Et ce que vous voulez garder de votre métier, ce que vous ne voulez plus.
2. Choisir une direction
Retrouver un emploi dans votre métier, en activant votre réseau professionnel ; évoluer, par le développement de compétences ou la formation professionnelle continue ; ou changer de métier, un changement de carrière qui se prépare (guide de la reconversion, après 50 ans).
3. Vérifier la piste sur le terrain
Une enquête métier auprès de ceux qui l’exercent, une immersion en entreprise. Les horaires, le salaire, le lieu de travail vous conviennent-ils ? Quelles compétences acquérir ? Comment l’organiser avec votre vie de famille ?
4. Vous former si le projet l’exige
En CSP, la formation se valide avec votre conseiller, vers des emplois qui recrutent. Vous pouvez aussi bénéficier de votre CPF.
Être accompagné
Qui peut vous accompagner pour choisir la suite ?
Vous n’avez pas à choisir seul. Trois interlocuteurs, qui ne font pas le même travail :
Le conseiller du CSP ou de la cellule de reclassement
Il fait partie du dispositif. Avec lui, vous construisez votre projet de reclassement : c’est votre premier interlocuteur pendant le CSP ou le congé de reclassement.
Le conseiller en évolution professionnelle
Gratuit, personnalisé, ouvert aux personnes en recherche d’emploi : il vous accompagne pour construire un projet, vérifier qu’il est réalisable et trouver son financement.
Le consultant en bilan de compétences
Quand vous ne savez plus quel métier viser, il vous accompagne pour faire le point sur vos compétences, vos motivations et vos valeurs, puis pour explorer plusieurs pistes et les vérifier sur le terrain. Vos soft skills et votre savoir-être y pèsent autant que votre ancien plan de carrière.
Trouver votre conseiller en évolution professionnelle : mon-cep.org (fiche officielle)
Faire un bilan de compétences après un licenciement
Le bilan YUMAN en détail
Son montant et son financement par le CPF
Questions fréquentes
Une question sur votre propre situation ? Posez-la pendant l’appel.
Qui paie pendant les 21 jours de réflexion du CSP ?
Votre employeur : vous restez salarié, et le contrat de travail continue jusqu’à la fin du délai de réflexion. Si vous acceptez le CSP, la rupture a lieu à cette date, d’un commun accord, et l’allocation du CSP (ASP) prend le relais.
Que se passe-t-il si vous refusez le CSP ?
Si vous le refusez, l’employeur notifie le licenciement, vous effectuez votre préavis ou touchez l’indemnité de préavis, puis vous demandez votre indemnisation chômage. Le montant de l’ASP et celui de l’ARE se comparent dans le tableau ci-dessus : le choix vous appartient. Les situations où le refuser, ou non, sont détaillées dans notre article sur les avantages et inconvénients du CSP.
Peut-on exercer une autre activité pendant le CSP ?
Oui. Des périodes d’emploi peuvent prolonger le CSP, sous conditions ; une reprise d’activité en CDI ou en CDD d’au moins 6 mois y met fin. Une activité conservée, exercée en même temps que l’emploi perdu, peut se cumuler avec l’ASP.
Que se passe-t-il à la fin du CSP ?
Si votre recherche d’emploi continue, vous pouvez toucher l’allocation chômage (ARE), sans délai d’attente, pour la durée d’indemnisation qui reste : France Travail donne l’exemple de 18 mois de droits, moins 12 mois d’ASP, soit 6 mois.
Peut-on faire un bilan de compétences pendant le CSP ou le congé de reclassement ?
Oui. En congé de reclassement, il peut être réalisé en début de congé, et son coût est à la charge de votre employeur (service-public.gouv.fr). En contrat de sécurisation professionnelle, le pré-bilan peut conduire, si nécessaire, à un bilan de compétences : parlez-en à votre conseiller. Hors de ces dispositifs, vous pouvez en bénéficier avec votre CPF : voir notre page bilan de compétences après un licenciement.
Sources : service-public.gouv.fr, fiches CSP, congé de reclassement, liquidation judiciaire, indemnités, rupture conventionnelle collective, CEP ; Entreprendre service-public, AGS et priorité de réembauche ; France Travail, licenciement économique, accompagnement en CSP et 5 conseils pour rebondir ; Unédic, indemnisation, étude du 21/04/2026 et prolongation du CSP ; Altares, 1er trimestre 2026 ; code du travail, articles L. 1233-65 et suivants (CSP), L. 1233-71 (congé de reclassement), L. 1233-45 (priorité de réembauche). Consultés le 31/10/2026.
Licenciement économique : pas encore fixé sur la suite ? Commençons par en parler.
1
On s’appelle
30 minutes en visio, sans engagement.
2
On fait le point
Où vous en êtes, ce que vous voulez garder, ce que vous ne voulez plus.
3
Vous décidez
Librement, en sachant par où commencer.
Gratuit · 30 min · sans engagement
