En bref
- Pendant le contrat de sécurisation professionnelle, se former n’est pas obligatoire : cela se décide avec votre conseiller, à partir d’un projet professionnel validé, pour un retour à l’emploi dans des secteurs qui recrutent.
- Tous les cursus éligibles au CPF sont ouverts s’ils servent votre reclassement professionnel ; le premier commence en moyenne 5 à 6 mois après l’inscription, et votre allocation est maintenue pendant les formations inscrites au plan.
- Le financement de formation combine votre CPF, les aides de France Travail et les places achetées par la Région. Aucun plafond officiel n’est publié.
- Le bon ordre : le projet, le cursus, l’accord de prise en charge, puis l’organisme.
Licencié pour motif économique, vous avez adhéré au contrat de sécurisation professionnelle ou vous y réfléchissez pendant le délai de 21 jours, et vous voulez profiter de ces 12 mois pour vous former avant de retrouver un emploi, peut-être pour une reconversion professionnelle. Comment accéder à une formation CSP, qui la paie, et par où commencer quand le licenciement économique vient à peine d’être annoncé ?
Réponse courte : par le projet, pas par le catalogue. Pour les premières démarches, voyez que faire après un licenciement économique. À noter : le CSP n’est prolongé que jusqu’au 31 décembre 2026 ; pour un licenciement en 2027, vérifiez auprès de France Travail.
Se former pendant le CSP : ce que prévoit le dispositif
Le bénéficiaire est-il obligé de suivre une formation ?
Non. « Il n’y a pas d’obligation à suivre des formations », écrit France Travail. Si vous visez le même emploi et que des entreprises recrutent malgré le contexte économique, vous aurez surtout besoin de mesures d’accompagnement vers l’emploi. Si vous changez de métier, une formation qualifiante assure l’acquisition de compétences nouvelles, utiles à l’emploi visé.
Pendant toute la durée du contrat, vous êtes stagiaire de la formation professionnelle (article L. 1233-67). Une fois une action inscrite dans votre plan, la refuser sans motif légitime met fin au contrat (voir les obligations du CSP).
Quelles formations sont éligibles au CSP ?
La convention du CSP (article 11) ouvre toutes les formations éligibles au compte personnel de formation, si elles correspondent à votre reclassement et aux besoins de l’économie. France Travail en distingue quatre familles :
- les compétences de base indispensables à l’emploi visé, comme l’usage d’internet au travail ;
- un diplôme ou un titre professionnel (aide-soignant, agent de sécurité) : une certification reconnue, enregistrée au RNCP ;
- une certification professionnelle obligatoire : habilitation professionnelle (électrique), permis ;
- un perfectionnement : anglais professionnel, management, bureautique.
En pratique, ce sont les formations certifiantes qui mènent à des métiers qui recrutent, formations courtes ou parcours longs.
Le CSP est une incitation à la formation : les licenciés économiques en CSP se forment plus que les autres demandeurs d’emploi indemnisés (Unédic).
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Entrants en CSP qui se forment (2e trimestre 2024) | 26 % |
| Ensemble des allocataires de l’assurance chômage qui se forment dans les 12 mois | 9 à 14 % |
| Début du premier cursus | 5 à 6 mois après l’inscription |
| Durée moyenne passée à se former pendant le CSP | 4 mois |
| Durée moyenne des parcours des demandeurs d’emploi (2024) | 342 heures, environ 2 mois |
Appel découverte
Choisir le cursus, ou d’abord le métier ?
Parlons-en 30 minutes : ce que vous voulez garder de votre métier, ce que vous voulez changer, ce qu’il reste à vérifier avant de vous engager. Gratuit, sans engagement.
Valider le projet professionnel avant de choisir la formation
Changer de métier pendant le contrat de sécurisation professionnelle est possible « dès lors que votre projet est sécurisé et validé » (France Travail). Pour l’aide individuelle (AIF), c’est écrit : « vous devez faire valider votre projet de formation par votre conseiller avant tout financement ».
Ce que votre conseiller référent examine
Vous pouvez bénéficier d’un accompagnement personnalisé, avec le même conseiller pendant toute la durée du CSP. Il passe en revue avec vous les conditions d’exercice de l’emploi visé (horaires, salaire, lieu de travail), les compétences à acquérir et votre organisation personnelle et familiale.
Il regarde aussi les besoins des entreprises de votre bassin d’emploi. Une réponse de France Travail publiée en 2024 le précise : une liste de métiers prioritaires, les métiers en tension, détermine les possibilités de prise en charge.
Vérifier le métier sur le terrain
Un projet validé est un projet vérifié : une enquête métier, une immersion en entreprise (le CSP en prévoit), les offres d’emploi près de chez vous, un échange avec une entreprise qui recrute. Sur Services Publics+, une adhérente raconte qu’on lui a demandé « un dossier professionnel complet incluant des enquêtes métiers ».
Si le projet n’est pas encore clair
Le pré-bilan, premier rendez-vous de l’accompagnement, peut conduire si nécessaire à une évaluation des compétences : un bilan de compétences après un licenciement. Le bilan de compétences YUMAN se fait à distance, en environ 3 mois, à un rythme adapté, et se termine par un projet professionnel.
Les démarches avec France Travail, dans l’ordre

- Le projet. Il se construit dès le début du contrat, à l’entretien de pré-bilan (dans les 8 jours), et se fixe au plan de sécurisation professionnelle, 4 à 8 semaines plus tard (France Travail).
- La recherche. Regardez d’abord les formations sans reste à charge, sur le site de France Travail, puis sur l’espace de votre compte personnel.
- Le devis. L’organisme l’établit en ligne, vous le validez, France Travail l’accepte ou le refuse. Si votre solde ne suffit pas, le complément se demande en ligne : réponse sous 10 jours.
- L’inscription à une formation, seulement après l’accord : « Ne vous engagez pas sur une formation sans avoir vérifié au préalable son financement avec votre conseiller référent » (France Travail).
- Le suivi pédagogique : assiduité, attestations de présence, actualisation chaque mois pour garder votre allocation, et le point d’étape du 4e mois avec votre conseiller.
Ces démarches administratives prennent du temps : arrivez au plan de sécurisation avec une piste, sinon le cursus finira après le CSP. Sur Services Publics+, une adhérente raconte un changement de conseiller en cours d’accompagnement, puis un financement refusé en route, les règles ayant changé : autant de mois perdus sur les 12.
Comment financer une formation pendant le CSP ?
Votre CPF, souvent en premier
Vous pouvez mobiliser vos droits (article L. 1233-67) pour tout cursus qui a l’éligibilité CPF. Dans sa réponse de 2024, France Travail précise qu’il est mobilisé « en priorité » et que « les autres financements peuvent venir compléter le CPF et non pas l’inverse ».
Contrairement à ce qu’affirme l’aperçu IA de Google, le cursus n’est donc pas toujours payé « sans entamer votre CPF ». Et tant que la prise en charge n’est pas confirmée, ne puisez pas dans vos indemnités de licenciement.
Les aides de France Travail et de la Région
Plusieurs financeurs peuvent se combiner (France Travail). La loi permet à l’État, à l’Unédic et aux régions la prise en charge des coûts pédagogiques (article L. 1233-69). Ce financement public prend quatre formes :
- les formations sans reste à charge : action de formation conventionnée de France Travail, programme régional, préparation opérationnelle à l’emploi collective (POEC) ;
- l’aide individuelle à la formation (AIF), dont peuvent bénéficier les adhérents du CSP, pour un reste à payer ou la totalité, sur devis (France Travail) ;
- la POEI, une préparation à l’emploi quand une entreprise s’engage à vous recruter ;
- l’aide à la mobilité pour les frais annexes : transport, repas, hébergement.
Quel est le montant pris en charge ?
France Travail ne publie aucun plafond pour se former en CSP. Les 5 000 € que l’on lit sur des sites d’organismes n’ont pas de source officielle, pas plus que le financement « par l’OPCA » : les OPCA ont été remplacés par les OPCO en 2019. Le montant dépend de l’emploi visé, de la situation économique du territoire et des budgets de l’année.
L’accès à la formation est très sensible aux plans gouvernementaux ainsi qu’au calendrier des entrées en formation.
Florine Martin, Unédic, 2 décembre 2025
Est-on payé pendant une formation CSP ?
Oui. D’après France Travail, vos droits à l’allocation de sécurisation professionnelle (ASP) sont maintenus si le cursus est inscrit dans votre plan : vous continuez à en bénéficier jusqu’au terme du contrat. S’il dure plus longtemps, il se poursuit (convention, article 11) : l’allocation d’aide au retour à l’emploi formation (AREF) prend le relais si vous avez des droits à l’ARE, puis la rémunération de fin de formation (RFF), quand votre allocation s’arrête, s’il y est éligible. La durée totale ne dépasse pas 1 095 jours : vérifiez ce calendrier avant un parcours long.
Choisir l’organisme de formation, en dernier
Quatre critères permettent de le départager :
- une certification enregistrée (RNCP) ;
- un organisme certifié Qualiopi, obligatoire pour un financement public (article L. 6316-1) ;
- une durée de formation compatible avec votre calendrier, stage en entreprise compris ;
- les résultats de la session précédente : taux de réussite, accès à l’emploi, entreprises qui ont recruté les stagiaires.
Questions fréquentes
Existe-t-il une liste des formations CSP ?
Non, aucune liste officielle. Les listes « formations CSP » publiées en ligne sont celles d’organismes, qui présentent leur propre offre : une offre repérée avant le projet risque de ne pas être validée.
Peut-on faire une VAE pendant le CSP ?
Oui, si elle sert votre projet : la validation des acquis de l’expérience est une voie vers une certification, et son accompagnement peut être financé par le CPF (France Travail).
Que faire si France Travail refuse de financer votre formation CSP ?
Demandez le motif, puis un rendez-vous pour revoir le projet ou chercher une autre aide parmi celles présentées plus haut : c’est ce que conseille France Travail.
Et pendant un congé de reclassement ?
Dans les entreprises de 1 000 salariés et plus, le congé de reclassement remplace le CSP : vous pouvez y bénéficier d’actions de formation financées par l’employeur, et le congé peut aller jusqu’à 24 mois en cas de reconversion (article L. 1233-71).
Après un licenciement économique, le CSP donne du temps et des financements pour se former. Mais le cursus vient après le projet : validé, vérifié sur le terrain, inscrit au plan, il ouvre le financement, puis l’emploi, et vous permet de bien rebondir. Commencez dès le premier mois du contrat.
Sources
France Travail : accompagnement dans le CSP, ASP et formation, aide individuelle (AIF), financeurs ; réponse sur Services Publics+ (23 septembre 2024).
Unédic, indicateurs de suivi du CSP (2 décembre 2025) ; convention du 26 janvier 2015, articles 11 et 20.
Code du travail, articles L. 1233-67, L. 1233-69, L. 1233-71 et L. 6316-1. Consultés le 1er novembre 2026.





